NAISSANCE DE FO

En 1945, le rapport des forces est nettement favorable aux ex-unitaires ; ils contrôlent 21 fédérations sur 30.

Les ex-confédérés sont regroupés autour du journal clandestin Résistance Ouvrière, créé en 1943, et autour de Léon Jouhaux, rentré de déportation le 8 mai 1945. Le journal Résistance Ouvrière devient Force Ouvrière.

Dans un premier temps, et pendant plus d'un an, la perspective des confédérés consiste à obtenir ce qu'ils appellent le redressement interne de la CGT, sur les principes de la vieille CGT ; il n'est donc pas question d'une scission.

Le créneau des confédérés est celui de l'indépendance syndicale ; indépendance particulièrement vis-à-vis du PCF, et du gouvernement car le PCF possède des ministres au gouvernement. Les syndicats contrôlés par le PCF sont fortement encouragés à soutenir la production nationale. C'est l'époque où Maurice Thorez, le chef du PCF, déclare : « la grève, c'est l'arme des trusts. »

En septembre 1945, lors du premier comité confédéral national (CCN) depuis la Libération, les ex-unitaires obtiennent la majorité au Bureau Confédéral et désignent Benoît Frachon second secrétaire général. Certains ex-confédérés y voient une politique de prise de contrôle par l'appareil communiste et refusent l'étouffement des revendications.

En août 1946 une scission se produit dans la Fédération des PTT. En septembre, prenant acte de l'échec de la tactique dite du redressement interne, les confédérés constituent les groupes d'amis de Force Ouvrière, amorce d'une organisation syndicale parallèle à la CGT.

En mai 1947, suite au conflit de Renault, les ministres communistes sont exclus du gouvernement. En septembre, Moscou condamne le Plan Marshall et exige de tous les PC qu'ils suivent cette condamnation et rompent avec les gouvernements en place. La CGT se range lors de ces conflits du côté du PCF.

La tension consécutive à ces événements précipite la scission, qui se produit lors de la seconde conférence nationale des groupes FO les 18 et 19 décembre 1947. Le 19 décembre, Léon Jouhaux et quatre secrétaires confédéraux quittent la CGT.

Le Congrès constitutif a lieu le 12 avril 1948. FO devient parallèlement l'une chevilles ouvrières de la confédération internationale des syndicats libres (CISL), scission de la fédération syndicale mondiale rejettant l'influence communiste.

FO revendique le principe de l'indépendance syndicale. Cette indépendance vaut à l'égard des partis politiques, des gouvernements, de l'État, du patronat et des églises. Cette indépendance affichée, cependant, n'est que de façade car FO est sous la coupe de la franc maçonnerie, mouvement ésotérique dont sont membres nombre de ses dirigeants, à commencer par Léon Jouhaux en personne.

Dans les faits, FO a rassemblé tous ceux qui s'opposaient aux staliniens. Pendant longtemps la centrale a été dominée par les socialistes mais elle acceillait aussi des militants trotskystes, en particulier proche de l'OCI et même des gaullistes. Actuellement, la tendance trotskyste de FO est de plus en plus influente.[réf. nécessaire]

Dans l'improvisation des premiers mois, FO reçoit l'aide internationale de syndicats belges, suisses et de l'AFL américaine (d'où la légende des fonds de la CIA). Le ministère du Travail verse également des subsides, pris sur les fonds de l'ex Charte du travail (extorqués aux travailleurs par le gouvernement de Pétain).

FORCE OUVRIERE, LE SYNDICAT DES PERSONNELS PENITENTIAIRES

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